Franconia Ridge : Une Journée Inspirante

par Raphaëlle Rousseau - 

Les escapades spontanées sont les meilleures puisqu’on ne prend pas le temps de se faire des attentes. Récemment, le soleil d’été a interpellé une aventure à l’extérieur de la ville. Mon ami a décidé de prendre les devants et de louer une cabane en bois rond à Franconia, dans le New Hampshire.

La route de 5 heures après le boulot était excitante, mais ne nous a pas empêchés de dormir comme des enfants. Toute la fin de semaine était planifiée autour d’une seule activité : la randonnée de la mythique crête de Franconia. Notre groupe de 10 (incluant 2 chiens) est parti au lever du soleil avec une petite collation dans notre sac à dos et un sourire aux lèvres. 

La quête était simple, rien n’était comparable à une expédition au pôle Nord, mais c’était pourtant l’un des forums les plus inspirants auxquels j’ai assisté. Tous les randonneurs étaient des génies de leur domaine et de simples conversations suscitaient mille milliards de nouvelles idées. La façon dont le groupe a géré les différents obstacles ensemble m’a donné espoir en la race humaine. Cette activité avec aucune attente s’est transformée en une expérience stimulante qui peut seulement être crée par les humains et les montagnes.

Dès le premier kilomètre, nous avions à traverser une rivière. Une chose que nous ne savions pas était qu’un des chiens, Lucy le chiot grand danois, avait extrêmement peur de l’eau. Le fort courant et le son rauque de l’eau qui coulait n’ont pas aidé à le calmer. Instinctivement, tout le monde s’est mis en mode solution et a collaboré pour trouver un moyen d’aider le chien à aller plus loin. Certains sont allés en amont et ont trouvé une zone moins profonde et moins agitée. D’autres ont caressé Lucy et lui ont parlé avec une voix rassurante. Même si l’autre chien traversait facilement, elle n’était pas fan du liquide. À un moment, son maître l’a prise dans ses bras et a traversé, la tenant fermement au-dessus du ruisseau. C’est comme si son maitre avait absorbé toutes ses peurs. Lorsque nous avons traversé à nouveau la rivière, Lucy l’a fait sans hésitation. Nous avons aussi grimpé des parties rocheuses qui étaient glissantes près de la chute, se donnant la main pour s’aider. Personne n’était pressé et j’ai l’impression que cette belle collaboration a donné confiance à Lucy et tout le groupe pour l’ascension à venir. 

 

Lorsque nous avons atteint la section alpine de la montagne Lincoln, nous avons fait demi-tour pour découvrir une vue de 360 degrés qui était à couper le souffle. Comme les arbres devenaient de plus en plus petits avec l’altitude, le vent s’était levé. Nous avons donc trouvé une petite cachette pour faire une pause rapide pour le dîner.

Devant nous, le fameux Franconia Ridge que nous devions marcher avant de redescendre. Il existe quelques randonnées où le 1/3 de la marche se déroule au sommet. Cette crête rocheuse de 1,6 km reliant les sommets du mont Lincoln et du mont Lafayette offre une vue spectaculaire. Nous nous sentions petits et impressionnés par ces magnifiques paysages. L’horizon, si loin, nous a fait penser aux possibilités infinies que la vie avait à offrir. 

 

Nous avons discuté de la manière dont l’agriculture et la consommation alimentaire pourraient être plus durables. Nous avons réfléchi à la manière dont l’éducation pourrait être mieux adaptée aux capacités et aux intérêts de chacun. Nous avons échangé sur la manière dont nous pourrions inculquer plus d’initiatives aux étudiants afin que les enfants sachent qu’ils ont une place et le pouvoir de poursuivre leurs rêves et idées.

Tout le monde avait des opinions différentes qui se sont mutuellement renforcées. À ce moment précis, je me suis sentie chanceuse de pouvoir profiter de la nature et cet espace unique avec des humains d’une telle qualité. Je ne sais pas si ce sont eux qui ont vu les choses différemment, ou si c’est l’action de passer du sol au sommet et de changer de perspective qui a stimulé cette expansion d’esprits, mais nous avons vu les choses sous un tout nouvel angle lorsque nous sommes revenus au stationnement. 

 

Nous n’avons pas changé le monde ce jour-là, mais nos conversations ont renforcé notre volonté de faire de notre mieux et la montagne nous a donné le sentiment que nous avions le pouvoir de le faire. Cela m’a aussi rendue vraiment reconnaissante de connaître des gens qui ont le courage de croire au pouvoir de l’aventure, improvisé ou non. La prochaine fois, nous repousserons les limites un peu plus loin et passerons la nuit ici, c’est sûr !